Dans la région de Kidal où l’économie repose essentiellement sur l’élevage, les populations (plus particulièrement les ménages les plus pauvres) pratiquent cette activité pour prioritairement assurer leur approvisionnement en lait, qui constitue la base de leur alimentation et une source importante de revenus. Pour assurer la disponibilité du lait pendant toute l’année, un ménage de cinq personnes doit disposer d’un troupeau mixte d’ovins et caprins totalisant au moins trente têtes (les périodes de lactation des deux espèces étant complémentaires sur l’année). Lorsque ces conditions ne sont pas remplies, les ménages sont vulnérables car ils sont confrontés à des périodes difficiles de soudure durant lesquelles ils ne disposent pas de lait pour leur alimentation. Au sein de la zone d’intervention, trois catégories de ménages vulnérables totalisant environ 20.000 personnes (soit ~40% de la population de la région) seront principalement visées par le programme:
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Le premier groupe réunit les ménages extrêmement vulnérables (environ 4% des ménages de la zone). Ils possèdent en moyenne 4 caprins et connaissent une période difficile de soudure en lait supérieure à cinq mois. Ces ménages, souvent dirigés par des femmes veuves ou divorcées ayant plusieurs enfants à charge, sont obligés de s’installer près des agglomérations pour pratiquer d’autres activités (travail chez les autres, petit commerce, cueillette, vente de paille et de bois). De plus, ces ménages sont contraints de recourir à la solidarité sociale tel que le confiage des animaux, notamment de laitières;
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le deuxième groupe rassemble les ménages très vulnérables (environ 6% des ménages de la zone), qui possèdent un effectif d’ovins et caprins d’environ 10 têtes en moyenne. Ces éleveurs connaissent une période difficile de soudure en lait comprise entre 2 et 5 mois et sont confrontés à des difficultés de survie. Cela les conduit à pratiquer d’autres activités, notamment l’agriculture oasienne, et à recourir à la solidarité sociale; |
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le troisième groupe est composé par des éleveurs vulnérables (environ 35% des ménages de la zone). qui possèdent en moyenne 30 petits ruminants (ovins/caprins). Bien que cet effectif permette en principe de disposer d’une production de lait en quantité suffisante pendant une bonne partie de l’année (période de soudure en lait inférieur à deux mois) et d’obtenir des revenus procurés par la vente des produits laitiers (ce qui évite en principe de devoir vendre des animaux du noyau reproducteur, surtout les bêtes gestantes), |
ces éleveurs restent exposés aux aléas climatiques et aux épizooties qui peuvent brutalement les faire basculer dans la précarité.
Les trois groupes ont en commun: (i) un système d’élevage basé exclusivement sur les petits ruminants; (ii) la taille réduite du cheptel, qui les contraint à exercer d’autres activités; et (iii) une mobilité limitée autour des terroirs d’attache.
Les deux derniers groupes pratiquent, en association avec l’élevage, l’agriculture oasienne (culture étagée basée sur la phœniciculture, la fruiticulture, les cultures maraîchères et fourragères) ou les cultures de décrue (sorgho, niébé) dans les zones d’épandage des oueds. Les superficies agricoles utilisées varient entre 0,2 et 1 ha. Faute d’organisation efficace des producteurs, de maîtrise technique suffisante de certaines pratiques culturales (notamment pour ce qui concerne la phœniciculture) et de sécurité dans l’accès à l’eau (disponibilité et mobilisation), le potentiel agricole est faiblement exploité et les revenus tirés de l’activité restent en deçà des attentes et des possibilités.
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A l’intérieur des groupes vulnérables,
les femmes et les jeunes seront particulièrement ciblés par le
programme. En effet, les femmes chefs de ménage, qui vivent en milieu rural et autour des centres urbains, éprouvent des difficultés pour accéder:
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(i) à des financements pour développer leurs activités génératrices de revenus;
(ii) aux services sociaux de base; et
(iii) à l’information et la formation pour s’impliquer dans les processus de décision.
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Les jeunes, qui représentent plus de la moitié de la population de la région, ont été profondément marqués par les années de conflit armé qu’a connu le Nord Mali. Ils sont à la recherche d’opportunités pour s’insérer dans la vie économique et sociale. |
Le ciblage des sites et des ménages bénéficiaires dans la zone d’intervention sera réalisé sur la base d’un processus participatif qui comprendra l’établissement d’une carte de la pauvreté. Cette carte sera actualisée à mi-parcours du programme pour prendre en compte les évolutions dans la zone. L’actualisation de la carte et le suivi annuel des indicateurs intégrera les données de la DNSI, du PAM et du CIGMa.