COMPOSANTES
Composante 4: Renforcement des capacités des acteurs
Afin de soutenir la mise en œuvre du programme par les acteurs locaux, le PIDRK procédera dès son démarrage à l’identification et à l’évaluation des besoins de renforcement des capacités des
principaux acteurs de sa mise en œuvre, notamment les groupes–cibles, les opérateurs et les collectivités territoriales. Cette évaluation prendra en compte la dimension genre et à en chiffrer les implications en matière d’actions spécifiques de renforcement des capacités.
A cette fin, les activités de la composante seront structurées autour de cinq axes principaux:
L’information et la sensibilisation des acteurs sur le programme (groupes cibles, élus locaux, services techniques, autorités administratives, chefs de villages et de fractions nomades);
l’appui aux groupes vulnérables pour l’identification et la prise en compte de leurs besoins prioritaires dans les plans de développement des collectivités;
l’accompagnement des collectivités pour: (i) la mise en œuvre d’un processus participatif de planification des investissements prenant en compte les préoccupations et les besoins des groupes vulnérables; et (ii) le renforcement des capacités de maîtrise d’ouvrage des investissements subventionnés par le programme;
l’appui à l’organisation des producteurs en coopératives et à la formation des bénéficiaires des investissements productifs;
l’appui méthodologique et opérationnel aux opérateurs (OA et OS) du programme pour la mise en œuvre des stratégies et approches prévues.
Les outils qui seront utilisés dans le cadre du renforcement des capacités concerneront des formations classiques, des ateliers de réflexion, des visites d’échange, des séances de sensibilisation, des formations spécifiques et des émissions radiophoniques. En fonction des activités et des thématiques, les opérateurs du renforcement des capacités pourront, selon le cas, être des prestataires de services, des services techniques déconcentrés ou des cadres techniques de l’UGP.
Activités d’information, d’éducation et de communication (IEC)
L’une des principales contraintes identifiées dans la région porte sur l’accès limité à l’information. Cette situation est aggravée par la dispersion et la mobilité de la population. De ce fait, il est essentiel pour le programme de disposer de moyens de communication/sensibilisation adaptés à ses objectifs et à ses activités et qui peuvent lui permettre d’atteindre ses groupes-cibles. La campagne d’IEC que mènera le programme vise à:
Assurer l’information continue de tous les acteurs concernés par le programme et faciliter l’accès des groupes vulnérables à l’information;
sensibiliser le plus grand nombre d’acteurs de la zone d’intervention sur des thèmes ayant trait aux activités du programme;
contribuer à une large information des populations sur les initiatives de développement qui sont engagées dans la région;
faciliter la communication au sein du programme et la circulation de l’information entre le programme et les différents acteurs locaux et régionaux, notamment les élus des collectivités décentralisées.
Au démarrage du programme, des campagnes d’information seront menées pour permettre à l’ensemble des acteurs concernés (élus locaux, groupes cibles, services techniques déconcentrés, autorités administratives, leaders traditionnels) d’appréhender les objectifs et la stratégie d’intervention du programme, ainsi que les opportunités qu’il offre en matière de lutte contre la pauvreté rurale. Elles porteront notamment sur: (i) les domaines et principes d’intervention du programme; (ii) les groupes cibles; (iii) les types d’activités éligibles au niveau du Fonds pour les Initiatives Génératrices de Revenus; (iv) les critères d’éligibilité des requêtes; et (v) les contributions des bénéficiaires. Ces campagnes seront périodiquement reprises en cours d’exécution du programme.
En outre, des campagnes de sensibilisation axées sur des thématiques spécifiques seront organisées en soutien ou en accompagnement à la mise en œuvre des différentes activités du
programme. Ces campagnes s’appuieront sur des débats et des modules d’information, d’éducation et de communication élaborés à l’intention des hommes et des femmes par le responsable chargé de l’IEC au sein de l’UGP et les opérateurs d’appui (OA) que le programme recrutera pour la réalisation de l’animation/sensibilisation. Ces campagnes seront menées en collaboration avec les communes et les services techniques déconcentrés (agriculture, conservation de la nature, santé, éducation et promotion de la femme). Le programme IEC pourra exploiter ou s’inspirer des outils développés par d’autres programmes (PACR/Banque mondiale, PACT/GTZ, Programme Pastoral/Oxfam, ARED). Plusieurs thèmes présentant un intérêt pour le programme pourraient être complétés en fonction des activités et des besoins (décentralisation, droits et devoirs civiques, environnement et gestion de ressources naturelles, vaccination du bétail, promotion des droits de la femme, scolarisation des filles, santé de la mère et de l’enfant, prévention des IST/VIH/SIDA, assainissement et hygiène, nutrition et habitudes alimentaires, etc.).
Tenant compte du statut de chef de file des partenaires intervenant dans le Nord qui a été conféré au FIDA par le Gouvernement du Mali, le programme collectera et diffusera l’information sur les initiatives de développement engagées dans la région de Kidal par d’autres institutions ou bailleurs de fonds, en mettant l’accent sur les opportunités qu’elles offrent (investissements, crédit, formations, etc.) et les complémentarités avec les activités du PIDRK.
L’information et la sensibilisation des acteurs prendront en compte certaines contraintes comme le fort taux d’analphabétisme, la dispersion et la mobilité des populations. L’utilisation des radios rurales sera privilégiée dans la mesure où ces instruments sont les mieux adaptés au contexte socio-économique et permettent d’assurer une large diffusion de l’information. Le programme capitalisera sur l’expérience du PDZL-II à travers la radio rurale «Issa Ber» installée à Niafunké et travaillera en partenariat avec l’USAID et l’ONG AFRICARE pour consolider le réseau des radios rurales dans la région. A cette fin, il prendra en charge:
L’implantation de deux radios rurales dans les localités d’Aguel’Hoc et d’Abeibara qui ne sont prises en compte dans le programme actuellement financé par l’USAID;
l’installation de quatre relais pour étendre la couverture des radios communautaires existantes;
les coûts de diffusion des émissions commandées par le programme.
La formation du personnel chargé de la production des émissions, de l’animation et de la maintenance des équipements sera contractualisée avec l’ONG AFRICARE qui apporte actuellement un appui aux radios communautaires implantées dans la région.
L’exécution des activités d’IEC sera faite en collaboration avec les organisations communautaires et les leaders traditionnels pour informer et sensibiliser les populations sur les thèmes pertinents retenus et organiser des groupes d’écoute des émissions radiophoniques au niveau des villages. Les modalités d’opérationnalisation des activités d’information et de sensibilisation seront définies au cas par cas, en fonction des besoins. La mise en oeuvre des campagnes d’information et de communication s’appuiera sur les principes suivants:
La formulation de l’information de façon à en faciliter la compréhension;
l’utilisation des langues locales;
la prise en compte des périodes de grande écoute des émissions radiophoniques;
l’utilisation de supports visuels légers;
la recherche d’une synergie d’actions de différents médiums;
l’adoption d’une approche favorisant la participation populaire et prenant en compte la sensibilité des différentes couches, particulièrement des femmes et des jeunes.
Une évaluation de l’impact des campagnes d’IEC sera faite à mi-parcours pour mesurer les résultats obtenus et identifier les réajustements éventuels à apporter. Cette évaluation portera principalement sur: (i) le niveau d’accès à l’information par zone, genre et catégorie socio-
économique; (ii) la compréhension des objectifs et de la stratégie d’intervention du programme par les différents acteurs; (iii) l’utilisation que les acteurs ont faite des différents informations qu’ils ont reçues.
Appui aux Collectivités Territoriales
Le programme appuiera les Collectivités Territoriales pour: (i) la prise en compte des besoins prioritaires des groupes vulnérables dans la planification communale; (ii) la maîtrise d’ouvrage des investissements éligibles au financement du programme qui relèvent de leur compétence; et (iii) la gestion durable des investissements.
Le plan national de développement institutionnel des collectivités territoriales actuellement en cours, vise à: (i) favoriser le développement des services de formation et d’appui/conseil aux collectivités; et (ii) garantir la pérennisation des centres de conseil communaux qui seront transformés en Services Communs. Il prévoit également l’accroissement des concours financiers de l’Etat et des partenaires au développement, grâce à la réforme du dispositif financier de l’ANICT. En complémentarité avec les actions prévues dans le cadre du plan de développement institutionnel, l’appui du programme portera sur:
La sensibilisation et la formation des élus pour leur permettre de prendre en charge l’élaboration participative de stratégies alternatives en matière de santé et d’éducation afin de mieux répondre aux besoins en services sociaux des groupes les plus vulnérables;
l’accompagnement des processus participatifs d’élaboration des schémas d’aménagement communaux et d’actualisation des plans de développement économique social et culturel (PDESC) des Collectivités Territoriales;
la formation des élus et du personnel des administrations communales à la maîtrise d’ouvrage des investissements et à la délégation de gestion (procédures de passation des marchés, techniques contractuelles);
L’appui de proximité aux processus participatifs de planification communale (schémas d’aménagement et plans de développement) sera confié à deux opérateurs d’appui (OA) expérimentés, ayant une bonne maîtrise des approches participatives, de la gestion des projets et du suivi/évaluation. L’un des opérateurs d’appui sera basé à Aguel’Hoc et appuiera les communes de Tessalit, Aguel’Hoc, Boghessa et Abeibara. L’autre sera basé à Kidal et appuiera les communes de Kidal, Essouk, Anefif et Tin Essako. Les deux opérateurs mettront à la disposition du programme un animateur et une animatrice dans chaque commune pour l’appui aux groupes cibles.
Dans le cadre de la mise en œuvre des activités de renforcement des capacités, le programme travaillera en partenariat avec les services techniques déconcentrés et les centres de conseils communaux avec lesquels il passera des conventions de prestations. Le programme contractualisera également des appuis avec des prestataires de services privés pour répondre à des besoins spécifiques d’encadrement, de formation, de suivi et d’auto/évaluation. Les animateurs des ONG opératrices du programme faciliteront l’organisation des formations et des rencontres de sensibilisation, en veillant notamment à la bonne circulation de l’information, à la présence effective des différents acteurs et à la facilitation des débats lors des ateliers. Dans le cas où les ressources humaines disponibles dans la région ne permettraient pas de répondre à certains besoins de formation, l’UGP aura recours à des prestataires spécialisés recrutés au plan national qui apporteront un soutien aux services techniques.
Les activités de renforcement des capacités des collectivités intègreront, entre autres, des sessions de formation, des débats publics à la radio sur les schémas d’aménagement du territoire et des rencontres entre les élus et les usagers des investissements portant sur certains thèmes comme: la délégation de la gestion des points d’eau et des équipements marchands de la commune aux comités de gestion et coopératives, la mise en réserve des pâturages et les foires commerciales
Appui aux groupes vulnérables pour l’identification et la prise en compte de leurs besoins prioritaires
Pour permettre l’expression des besoins des groupes vulnérables, la planification et la mise en oeuvre des investissements au niveau des villages seront soutenues par les opérateurs d’appui (OA) qui seront recrutés par le programme. Ces opérateurs seront chargés de l’animation au niveau des villages, en vue de l’identification des besoins des groupes vulnérables dans le cadre de la planification communale et de l’accompagnement de la mise en oeuvre des microprojets dans le cadre du FIGR. Par ailleurs, les opérateurs d’appui aideront, au besoin, les groupes vulnérables à s’organiser en associations ou en coopératives, avec le concours des services techniques compétents de l’Etat (constitution des dossiers de légalisation, recherche des récépissés, élaboration des statuts et des règlements intérieurs).
Conformément au schéma d’intervention du programme, des diagnostics participatifs seront conduits dans les villages prioritaires (identifiés comme étant les plus vulnérables sur la base de l’étude de référence sur la pauvreté), en vue d’identifier les ménages les plus vulnérables et de connaître leurs besoins prioritaires. Ces diagnostics permettront également de déceler d’éventuels conflits (notamment fonciers) et d’évaluer la possibilité de les résoudre, à travers la concertation et la négociation.
Une auto/évaluation participative sera effectuée par les bénéficiaires avec le soutien des opérateurs d’appui, sur la base des indicateurs retenus et à des échéances différentes, selon le type d’activités. Ces auto/évaluations seront consolidées et mises en commun/validées lors d’ateliers qui seront organisés au niveau des communes et cercles, en présence des élus et des autres acteurs concernés par le programme. Dans ce cadre, une analyse des forces et faiblesses de chaque acteur sera menée et, au besoin, des recommandations seront formulées pour le renforcement des capacités des acteurs concernés.
Appui à l’organisation des producteurs et à la formation des bénéficiaires des investissements
La gestion et l’entretien des investissements (puits pastoraux, marchés, parcs de vaccination, jardins oasiens, unités de transformation) seront pris en charge par des comités de gestion qui seront mis en place à cet effet par les communes ou les bénéficiaires . Les femmes seront représentées dans ces comités de gestion , qui bénéficieront d’un accompagnement pour l’exploitation et la maintenance des investissements pendant une période de trois ans, durée nécessaire pour l’autonomisation des comités de gestion. Cet accompagnement sera assuré principalement par les opérateurs d’appui (OA), avec le concours des services techniques déconcentrés et des prestataires spécialisés, si nécessaire. Pour l’essentiel, il consistera en des formations qui seront dispensées aux membres des comités de gestion (formations techniques et en gestion, alphabétisation).
Conformément aux dispositions légales, l’exploitation et la gestion des infrastructures sociales (centres de santé communautaires, points d’eau potable équipés de pompes solaires, etc.) seront assurées par les communes qui pourront déléguer ces fonctions à des associations d’usagers (Associations de Santé Communautaires, Comités de Gestion des Points d’Eau, etc.). Ces structures assureront la gestion et le recouvrement des charges récurrentes (charges d’exploitation et d’entretien/maintenance). Elles bénéficieront d’un suivi d’accompagnement et de formations en matière de gestion.
Outre des formations liées à la gestion des investissements productifs (jardins oasiens, cultures de décrue, unités de transformation, allocation de noyaux de petits ruminants ), le programme dispensera des formations pour soutenir les filières du maraîchage et de l’élevage et pour encourager la gestion durable des ressources naturelles. Ces formations porteront notamment sur: (i) les techniques de transformation et de conservation des produits de l’élevage et du maraîchage; (ii) les techniques culturales pour le maraîchage, les cultures de décrue et la phœniciculture; et (iii) les techniques de semis pour la régénération des pâturages.
En outre, le programme encouragera la promotion d’organisations professionnelles rurales autour des filières et apportera un appui à ces cadres organisationnels (formation en gestion, développement organisationnel, genre, tenue de réunions, gestion de microprojets, suivi/évaluation, etc.). Il facilitera l’intervention de ces organisations sur les marchés et leur implication dans les comités de gestion de ces marchés. Les associations et coopératives de producteurs seront appuyées par les services techniques compétents pour qu’elles puissent évoluer à terme vers la création d’unions et de fédérations.
Les différentes formations prévues seront dispensées selon les modalités les mieux appropriées aux situations (classes mixtes ou par genre ou par niveau d’alphabétisation). Des sessions de recyclage seront prévues, dans le respect de périodes de nomadisme et de la charge de travail des bénéficiaires, notamment des femmes.
Formation et mise à niveau du personnel d’encadrement
Compte tenu des particularités socioculturelles de la région de Kidal, le programme utilisera, de façon préférentielle, des agents originaires de la région. Compte tenu du nombre limité des opérateurs/agents de la région disposant d’une qualification et/ou d’une expérience avérée en matière de mise en œuvre de programmes de développement, le PIDRK accordera une attention particulière au renforcement des capacités à tous les niveaux. Dans ce cadre, le personnel d’encadrement et les opérateurs d’appui participeront à des sessions de mise à niveau portant sur des thèmes d’intérêt stratégique (Décentralisation, Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté, Plan d’Action pour la Promotion de la Femme, stratégie genre du FIDA, etc.). En outre, les agents de l’UGP (et, si nécessaire, les responsables des services techniques déconcentrés) bénéficieront d’une formation sur l’approche du programme, le manuel d’opération et le manuel administratif et financier du programme.
Des formations spécifiques et des recyclages seront assurés au profit des opérateurs d’appui, notamment en matière de méthodes de recherche participative, d’approche genre, de suivi/évaluation, de développement organisationnel et d’approche et procédures du PIDRK. Les opérateurs d’appui (OA) seront par ailleurs formés en alphabétisation fonctionnelle (formation des formateurs) par les Centres d’Animation Pédagogique basés à Kidal et à Tessalit, en vue de répliquer la formation au niveau des bénéficiaires.
En fonction des activités et des besoins, un appui sera apporté par le programme aux services techniques déconcentrés (agriculture, élevage, conservation de la nature, santé, éducation, promotion de la femme) qui seront impliqués dans les visites préparatoires et dans le suivi des activités menées sur le terrain et dans la formation des bénéficiaires. Des sessions de mise à niveau seront également prévues, aussi bien pour les bénéficiaires que pour les services techniques, éventuellement en lien avec des thèmes de recherche.