COMPOSANTES
Composante 3: Amélioration de l’accès aux services sociaux de base
La composante «Amélioration de l’accès aux services sociaux de base» a pour objet de favoriser l’accès des populations de la région aux services de santé, d’améliorer la scolarisation des enfants, de réduire les disparités de scolarisation entre les garçons et les filles et de promouvoir la formation des jeunes déscolarisés. Les activités sont structurées autour de deux sous-composantes:
(i) amélioration de l’accès aux services de santé; et (ii) éducation/formation.
Dans le domaine de la santé et de l’éducation, le programme soutiendra la formulation et la mise en œuvre par les collectivités de stratégies alternatives adaptées aux particularités socio-économiques locales, compte tenu notamment: (i) de l’étendue, la dispersion démographique, la mobilité des populations, l’éloignement et les difficultés d’accès à la zone; (ii) des faibles performances enregistrées par les secteurs de l’éducation et de la santé dans la région; (iii) des orientations fixées par les politiques et programmes décennaux sanitaire, social et d’éducation en ce qui concerne la nécessité d’adopter des démarches et stratégies appropriées au contexte spécifique d’intervention dans de telles régions; et (iv) des opportunités offertes par le transfert des compétences en matière d’éducation et de santé aux Collectivités Territoriales.
Les stratégies qui seront formulées avec l’appui du programme devront être conformes aux orientations des politiques nationales (conformité à la carte sanitaire/scolaire, de normes de réalisation et d’équipement, de ressources humaines, etc.) et devront veiller à prendre pleinement en compte en compte le mode de vie nomade des populations et garantir l’effectivité et la qualité du service rendu aux communautés. Ces stratégies seront déclinées en plan d’actions et en budgets de dépenses d’investissement et de fonctionnement liées à la mise en œuvre des activités identifiées et qui ne seraient pas par ailleurs pris en compte par d’autres financements, notamment dans le cadre de l’appui budgétaire sectoriel. Sur un plan opérationnel, conformément aux options de la politique nationale en matière de décentralisation, le soutien du programme à la mise en œuvre de ces stratégies se traduira par un appui budgétaire aux Collectivités Territoriales, c’est-à-dire l’affectation de ressources pour la réalisation de dépenses d’investissement et de fonctionnement pour la santé et l’éducation correspondant aux activités expressément déclinées dans le cadre des stratégies arrêtées et préalablement inscrites au budget de ces collectivités. L’appui budgétaire aux collectivités se fera à travers le dispositif de l’Agence Nationale d’Investissement des Collectivités Territoriales (ANICT).
La démarche générale du programme pour la définition et la mise en œuvre de ces stratégies alternatives en matière de santé et d’éducation sera la suivante: (i) élaboration des stratégies par les collectivités selon une approche participative; (ii) formulation des activités et estimation des budgets correspondants; (iii) mise à disposition par le programme des ressources correspondantes au niveau de l’ANICT; (iv) mise en œuvre, suivi et accompagnement des activités; et (v) capitalisation et diffusion des expériences.
Le schéma d’intervention en vue d’améliorer l’accès des populations de la zone aux services de santé/éducation et la qualité du service rendu sera le suivant:
L’organisation d’ateliers thématiques (santé, éducation) d’information des collectivités et des partenaires concernés sur les orientations et les axes prioritaires des politiques nationales en matière de santé et d’éducation;
l’organisation des bilans diagnostics dans chaque commune: ces bilans se feront en ateliers qui regrouperont les usagers/associations de la société civile, les élus, le personnel des services techniques concernés, ainsi que toute personne ressource ayant une expérience novatrice en matière de santé/éducation. Ces ateliers auront pour but de permettre aux acteurs (notamment les usagers/associations de la société civile) d’exprimer leurs points de vue sur l’accès aux services de santé/éducation ainsi que la qualité du service rendu et de contribuer à analyser les difficultés en la matière;
la formulation des stratégies et des activités à mettre en œuvre (en conformité avec les grandes orientations des politiques sectorielles nationales) et l’évaluation les coûts correspondants, sur la base de résultats des ateliers, avec l’appui d’un prestataire qualifié;
la tenue d’ateliers de restitution et de validation dans les communes en vue de la prise en compte de ces orientations dans le cadre de l’élaboration des PDESC.
Lorsqu’au terme de cette démarche les PDESC seront actualisés, les collectivités déclineront annuellement les activités envisagées et inscriront à leur budget les crédits nécessaires à leur réalisation. Sur la base des plans annuels et des budgets votés par l’organe délibérant de la
collectivité, elles soumettront des requêtes de financement au programme qui apportera un concours financier pour leur mise en œuvre. Pour soutenir la mise en œuvre des activités réalisées sous maîtrise d’ouvrage communale, le programme assurera un suivi et un accompagnement des collectivités à travers ses opérateurs et en partenariat avec les services compétents de la santé/éducation. Des évaluations périodiques seront réalisées et les ajustements requis seront apportés.
Sous-composante 3.1: Santé/Nutrition/VIH-SIDA
Les informations sanitaires disponibles en matière de santé publique dans la région de Kidal font apparaître des progrès récents en matière de santé (2004/2005). Toutefois, ces progrès sont encore insuffisants par rapport aux objectifs fixés dans le Programme de Développement Sanitaire et Social (PRODESS). La fréquentation des centres de santé demeure faible, même si elle est passée de 0,38 en 2004 à 0,47 en 2005. Au cours de la même période, le taux d’accouchement assisté est passé de 12,26% à 20,27% et celui des consultations prénatales de 34,81% à 44,21%. L’état nutritionnel des enfants de 0 à 59 mois n’est pas connu à cause de l’inexistence d’études récentes et de l’irrégularité des activités de nutrition dans les centres de santé. Les taux de couverture vaccinale des enfants de moins d’un an sont très bas et s’élèvent à 43% pour le BCG et 38% pour le DTCP3, alors que ce dernier taux est de 90% pour l’ensemble du pays (selon les données statistiques de 2004). Le taux de prévalence des infections sexuellement transmissibles est de 0,8% (résultats de l’EDS III, 2003). S’agissant plus spécifiquement du VIH/SIDA, son taux de prévalence au niveau de l’ensemble du pays est de 1,7 %, contre 1,5% pour la région de Kidal, selon l’EDS III.
Ces différents indicateurs traduisent une situation sanitaire globalement moins satisfaisante dans la région, comparativement à la situation moyenne nationale (à l’exception de la prévalence du VIH/SIDA). Cet état de fait s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs qui affectent l’accès à la santé et la qualité des services rendus aux usagers:
Les aires de santé sont vastes et les 7 CSCOM fonctionnels ne peuvent isolément pas fournir des services de proximité aux populations nomades. En plus des CSCom, la région dispose de 6 postes avancés de santé qui ne répondent pas aux normes de fonctionnalité (bâtiments non adaptés, infrastructures dégradées, etc.). Les données statistiques de décembre 2005 montrent qu’en moyenne 54% des habitants de la région de Kidal résident à plus de 30 km kilomètres d’une structure de santé. Le personnel de santé est en nombre insuffisant par rapport aux normes nationales. Par ailleurs, il est fréquent que les agents affectés en dehors de la capitale régionale ne regagnent pas leur poste d’affectation ou n’y séjournent pas de façon régulière (manque de motivation à servir dans des zones défavorisées et enclavées);
la qualité des services de santé fournis par les structures disposant d’un personnel qualifié est très variable et dépend de la capacité des équipes des Centres de santé de référence et des CSCom. Plusieurs centres ne délivrent pas l’ensemble des activités du paquet minimum parce que les agents n’ont pas les compétences requises (certains centres sont gérés par des non professionnels ou des professionnels n’ayant pas reçu de formation en PMA), ou parce que les structures ne disposent pas des équipements ou des produits consommables nécessaires. Ce déficit de compétences et/ou d’équipements conduit à: (i) des diagnostics et des prescriptions médicales non appropriés; et (ii) une discontinuité des soins dans la plupart des centres de santé, y compris les centres avancés. La qualité des soins est également affectée par la mauvaise gestion des stocks de médicaments essentiels et les ruptures d’approvisionnement.
Conscient des difficultés qui entravent le développement du système de santé dans la région de Kidal et dans d’autres zones défavorisées et prenant en compte les résultats de l’évaluation de la première phase du PRODESS, le Gouvernement a décidé de promouvoir dans le cadre de la 2ème
phase du PRODESS des stratégies alternatives et différenciées qui s’articulent autour de quatre axes principaux:
L’extension de la couverture des soins primaires dans les zones les plus pauvres, grâce à la construction, la réhabilitation, la relance des CSCom non fonctionnels et au développement de partenariats avec des prestataires du secteur privé;
la promotion de stratégies alternatives (stratégies avancées, équipe mobiles et relais communautaires, pratiques familiales) dans les zones enclavées et peu peuplées;
le renforcement des équipes mobiles intervenant dans les régions de Kayes, Tombouctou, Gao et Kidal où les populations ont nettement moins accès aux services essentiels;
le développement de stratégie d’IEC, des actions de prévention, des approches multisectorielles, décentralisées et participatives ciblant particulièrement les populations pauvres.
Dans ce cadre, la sous-composante «santé/nutrition/VIH-SIDA» a pour objectif d’améliorer la qualité du service rendu en matière de santé et l’accès des populations à ces services afin de contribuer à: (i) réduire la morbidité et la mortalité infantiles et infanto-juvéniles en apportant une réponse aux problème posés par les IRA, les diarrhées, le paludisme, la malnutrition, les maladies transmissibles (VIH/SIDA en particulier) et la tuberculose; et (ii) réduire la morbidité et la mortalité maternelles et néonatales, grâce à l’amélioration des soins maternels, obstétricaux et au renforcement de la lutte contre les carences nutritionnelles.
Compte tenu du contexte spécifique de la zone (étendue, faible densité démographique, mobilité des populations), le programme soutiendra la l’identification et la formulation de stratégies alternatives conformes aux orientations de la politique sectorielle nationale en matière de santé et susceptibles de contribuer à l’atteinte de l’objectif de la sous-composante. Afin de garantir la qualité de la démarche et sur la base des expériences similaires (notamment au Burkina Faso), un appui méthodologique et opérationnel sera apporté aux collectivités territoriales par une institution spécialisée, telle que l’Institut de médecine Tropicale d’Anvers, justifiant d’une solide expérience dans le domaine.
Au terme de l’accompagnement des Collectivités Territoriales dans l’élaboration et la mise en œuvre des plans de développement en matière de santé, des dépenses d’investissement et de fonctionnement (hors salaires) pourront être financées par le programme. Au titre des dépenses d’investissement, le programme pourra entre autres financer la construction, la réhabilitation et l’équipement de CSCom et de postes de santé avancés, l’installation de relais communautaires, des moyens logistiques pour les équipes mobiles polyvalentes, des logements pour le personnel de santé, etc. Afin d’éviter toute duplication et des surinvestissements, une attention particulière sera portée aux apports des autres partenaires techniques et financiers dans la région. L’effectivité et la qualité du service rendu seront également privilégiées à travers la prise en compte de l’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel chargé de délivrer le service. Au titre des dépenses de fonctionnement, le programme pourra entre autres financer les stocks initiaux de médicaments essentiels, les campagnes d’IEC et de sensibilisation, les charges de fonctionnement liées à la mise en œuvre de stratégies avancées pour délivrer les soins de santé (par exemple, des campagnes foraines de vaccination), des primes d’incitation pour le personnel ou toute autre action pertinente et cohérente avec les orientations politiques nationales qui s’avérerait de nature à assurer l’effectivité des services de santé rendus aux usagers et l’amélioration de leur qualité.
Sur un plan opérationnel, la mise en œuvre des stratégies alternatives visant l’amélioration de la qualité des services rendus devra se traduire, conformément aux orientations de la politique nationale sectorielle en matière de santé publique, par l’effectivité de la délivrance du Paquet Minimum d’Activités (PMA) et la réalisation d’un ensemble d’activités de prévention sanitaire, notamment dans les domaines de la santé de la reproduction, de la nutrition et de la lutte contre le VIH-SIDA. L’amélioration de la qualité des services de santé sera notamment envisagée à travers: (i) la mise en
œuvre des stratégies avancés pour délivrer les soins de santé primaire, qui pourraient – compte tenu de l’étendue de la région et des difficultés d’accès – requérir la rationalisation de l’implantation des formations sanitaires (CSCom et Postes avancés) afin de servir de point de d’appui pour la délivrance des services; (ii) le renforcement des ressources humaines dans les centres de santé de référence des cercles et dans les dispositifs et structures de santé des communes: CSCom, relais communautaires; et (iii) le renforcement des capacités de supervision des services techniques.
A cette fin, le programme pourra être amené à appuyer la mise en œuvre de formations sur la santé en général et, en particulier sur la santé de la reproduction, le paquet minimum d’activités (PMA), les IST, le VIH/SIDA, le paludisme et la nutrition. En fonction des thématiques, ces formations seront destinées soit au personnel chargé de la mise en œuvre des stratégies avancées (relais communautaires), soit aux infirmiers, soit aux matrones. Des modules portant sur les procédures et techniques de la Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant (PCIME) seront intégrés dans la formation des infirmiers chefs et des autres agents des CSCom. Des formations dans le domaine de la gestion des centres de santé, des postes avancés et des équipes mobiles seront dispensées aux membres des comites de gestion, au personnel de santé ainsi qu’aux élus des collectivités territoriales.
L’amélioration de la qualité des services reposera également sur le développement des capacités des Centres de Santé de Référence (CSRef) pour un meilleur suivi des activités des CSCom et des stratégies alternatives d’accès à la santé identifiées et mises en œuvre. Les CSRef pourront bénéficier d’équipements et de dotations leur permettant d’assurer un meilleur suivi des dispositifs de santé. Des mesures spécifiques seront adoptées au niveau des CSRef pour suivre l’application des normes, procédures et techniques de Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant (PCIME).
En matière de santé de la reproduction (SR) et conformément aux orientations de la politique nationale, l’intervention du programme s’articulera autour de: (i) la réorientation et la rationalisation des services de santé de la reproduction; (ii) la communication; (iii) la gestion orientée vers les résultats; et (iv) la prise en compte de la dimension genre. Dans ce cadre, la mise en œuvre des activités du programme privilégiera l’utilisation des dispositifs locaux et des relais communautaires. Ces relais, qui pourraient être majoritairement des femmes, sont susceptibles de favoriser l’adoption de bonnes pratiques en matière de santé, notamment le recours à la consultation prénatale, à l’accouchement assisté, aux soins néonataux communautaires, à l’allaitement maternel exclusif (AME), à la prise en charge des affections simples et à la référence vers les structures appropriées en cas de maladie. Les campagnes d’information, d’éducation et de communication (IEC) seront complétées par des activités menées au niveau des CSCom ou des postes avancés (points d’appui des stratégies avancées) qui mettront l’accent sur la prise en charge des problèmes de santé de la reproduction, conformément au contenu du PMA et aux normes et procédures en vigueur. Une attention particulière sera également accordée à l’organisation efficace du système de référence des urgences des communes vers les CSRef, notamment les urgences obstétricales.
En matière de nutrition, les stratégies de prévention de la malnutrition chez les enfants de 0 à
59 mois seront orientées vers: (i) la contribution à l’amélioration de la qualité de l’alimentation des enfants, surtout pendant la période de soudure, grâce à la sensibilisation des mères par des relais-communautaires femmes appartenant aux groupes nomades et à la relance de la production locale de farine enrichie; (ii) la promotion de l’allaitement maternel exclusif et la distribution de micronutriments aux enfants, aux mères (vitamine A) et aux femmes enceintes (fer); et (iii) la sensibilisation des familles sur la nécessité de conduire tout enfant malade vers les structures de santé pour une prise en charge correcte et rapide.
En ce qui concerne la lutte contre les IST/VIH-SIDA, le programme contribuera à: (i) renforcer l’information des populations des zones pastorales, en particulier des jeunes, sur les IST/VIH-SIDA; (ii) amener ces populations à adopter de bons réflexes de protection contre les risques de transmission du VIH; et (iii) réduire la transmission du VIH au sein des populations, en développant le partenariat avec les autres intervenants, dont la Banque Mondiale qui appuie une initiative de lutte contre les IST/VIH-SIDA au niveau des trois régions du Nord. Le PIDRK limitera son intervention à des actions ciblant prioritairement les bénéficiaires directs de ses appuis, en particulier les familles d’éleveurs vulnérables et surtout les femmes et les jeunes qui constituent les groupes les plus vulnérables.
Les stratégies qui seront mises en œuvre en matière de lutte contre les IST/VIH-SIDA porteront sur: (i) le renforcement des capacités des opérateurs du PIDRK dans les domaines de la conception, la mise en œuvre et le suivi des actions de prévention; (ii) la sensibilisation des groupes-cibles du programme sur les risques de transmission du VIH-SIDA ; (iii) l’implication des leaders d’opinion, à travers la production et la diffusion de messages de leaders influents (chefs religieux, chefs de fractions, élus, etc.) par les radios de proximité; et (iv) l’établissement d’un cadre de concertation et de collaboration entre tous les partenaires intervenant dans la lutte contre les IST/VIH-SIDA en vue d’harmoniser les stratégies d’intervention et de rationaliser l’utilisation des ressources.
L’expérience des Collectivités dans la formulation et mise en œuvre de stratégie alternative fera l’objet d’une capitalisation dont les résultats seront diffusé et partagés aux plans régional et national à travers les activités de la Cellule de Dialogue sur les Politiques de lutte contre la pauvreté rurale mise en place dans le cadre du PIDRN.
Sous-composante 3.2: Education/Formation
La scolarisation des enfants dans la région de Kidal a progressé depuis 2001 à la faveur de la mise en œuvre du Programme d’Investissement Sectoriel de l’Education (PISE). Le taux brut de scolarisation (TBS) est passé de 28% en 2002 à 40,3% en 2005. Cette progression qui correspond à une tendance observée dans l’ensemble du pays (augmentation moyenne de 3% du TBS par an) ne doit cependant pas masquer la faiblesse de l’effectif des nouveaux élèves qui entrent au cours préparatoire, et surtout les fortes déperditions qui sont observées tout au long du cycle primaire.
L’analyse qualitative de l’évolution de la scolarisation, en termes d’offre et de demande permet de cerner les défis actuels à relever dans la région. Compte tenu de l’étendue physique de la zone et de la faible densité de population, l’offre d’éducation se concentre dans les bourgs (Kidal, Aguel’Hoc, Abeibara et Tessalit) où résident les fonctionnaires, les militaires et une partie de la population autochtone composée notamment de commerçants, d’élus, d’artisans et d’entrepreneurs.
L’école est peu accessible aux communautés nomades vivant en milieu rural. Les familles d’éleveurs qui se déplacent avec les troupeaux ne souhaitent pas laisser leurs enfants en bas âge à l’école car les conditions d’accueil n’offrent pas de garantie du point de vue de l’alimentation, de l’accès aux soins sanitaires et de la surveillance des enfants. L’offre d’éducation classique est par conséquent peu adaptée au mode de vie des populations. A l’inadéquation de l’offre, s’ajoute une demande d’éducation lacunaire. Pour de nombreuses raisons liées principalement au coût d’opportunité et aux facteurs socioculturels, les familles qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas scolariser leurs enfants sont encore nombreuses dans la région.
Ces questions spécifiques ont été prises en compte dans les orientations politiques du gouvernement ainsi que dans la programmation du secteur de l’éducation qui couvre la période
2006-2008. En effet, le document portant «Descriptif de Seconde Phase du PISE» insiste sur la nécessité de promouvoir des écoles à cycle complet (de la 1ère à la 6ème année) et de rapprocher les écoles des élèves. A cette fin, le document envisage la possibilité de développer des stratégies alternatives fondées sur «la double division, les classes multigrades, les écoles nomades…». Il est prévu qu’à cet effet, la formation initiale et continue des enseignants sera adaptée à ces changements.
Amélioration de la scolarisation. L’appui du PIDRK dans le domaine de la scolarisation a pour objectifs de: (i) contribuer à améliorer la scolarisation des enfants en milieu rural dans les zones couvertes par le programme; et (ii) réduire les disparités de scolarisation entre les garçons et les filles.
Cet appui s’inscrira dans le cadre de la promotion de stratégies alternatives qui sera appuyée par le programme. Celle–ci s’inscrit dans une logique d’accompagnement des Collectivités Territoriales, compétentes pour définir et mettre en œuvre des stratégies de scolarisation prenant en compte les attentes des parents et au mode de vie socio-économique .
Au terme de l’accompagnement des Collectivités Territoriales dans la conduite d’un processus participatif de réflexion concertée impliquant les populations, la société civile (notamment les parents d’élèves) et les structures techniques compétentes (Académie d’Enseignement et Centres d’Animation Pédagogique), des dépenses d’investissement et de fonctionnement (hors salaires) pourront être financées par le programme. Au titre des dépenses d’investissement, le programme pourrait entre autres financer la construction, la réhabilitation et/ou l’équipement de salles de classes (actions à priori non prioritaires compte tenu de l’importance des apports des autres partenaires techniques et financiers intervenant déjà dans le cadre de l’appui sectoriel), la création d’écoles mobiles (tentes), la construction de logements pour les enseignants (ainsi que les équipements qui pourraient être requis pour améliorer le cadre et les conditions de travail), les points d’eau dans les écoles, les équipements scolaires, les infrastructures d’internat, les cantines, etc. Le programme veillera à éviter toute duplication avec les appuis des autres partenaires techniques et financiers dans la région. L’effectivité et la qualité du service rendu seront privilégiées, notamment à travers la prise en compte de l’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel chargé de délivrer le service. Au titre des dépenses de fonctionnement, le programme pourrait entre autres financer des activités de communication et d’information en faveur de la scolarisation des filles et de la rétention des enfants à l’école, des primes de motivation aux enseignants, du matériel didactique, des fournitures scolaires, etc.
L’Académie d’Enseignement et les Centres d’Animation Pédagogique assureront les services d’appui conseil aux collectivités. Ces services techniques assureront également durant la durée du programme le suivi et le conseil pédagogique aux enseignants pour garantir la qualité des services d’enseignement et des apprentissages. Ces activités pourront faire l’objet de conventions avec l’UGP.
Formation professionnelle. Pour appuyer l’insertion des jeunes sans emploi, le PIDRK contribuera au développement de la formation professionnelle. Il financera des formations professionnelles de type modulaire et par alternance ciblant en priorité des jeunes sans emploi. Les modules de formation seront élaborés sur la base des référentiels existants et concerneront principalement les filières suivantes: (i) agro-alimentaire (transformation des produits agricoles et d’élevage); (ii) bâtiment; (iii) mécanique; (iv) menuiserie; et (v) électricité. La formation dans ces différentes filières constitue actuellement une priorité au niveau de la région. Toutefois, d’autres formations pourraient être plus tard envisagées en fonction de la demande du marché. Au total, le programme contribuera à la formation de 200 jeunes, dont au moins 25% seront des jeunes femmes.
Les jeunes qui bénéficieront de la formation professionnelle seront identifiés avec le concours de la Direction Régionale de l’Emploi, de la Chambre d’Agriculture et de la Chambre des Métiers. Les radios rurales seront mises à contribution pour diffuser l’information sur les opportunités de formation professionnelle. Ces formations seront dispensées par le Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage (FAFPA) qui vient d’installer une antenne à Kidal, en collaboration avec les Unités de Formation et d’Appui aux Entreprises (UFAE). L’installation dans la vie professionnelle d’une partie des jeunes ayant bénéficié de ces formations sera appuyée par le Fonds pour les Initiatives Génératrices de Revenus (FIGR) prévu dans le cadre de la composante 2. Les critères d’éligibilité à l’appui du FIGR devront en tenir compte.