COMPOSANTES
Composante 1: Appui à la valorisation du potentiel pastoral
L’élevage nomade, qui constitue la principale activité économique de la région de Kidal, est confronté à des limitations dans la valorisation des ressources pastorales disponibles (pâturages, eau, cheptel), du fait principalement des contraintes dans l’accès à l’eau et aux pâturages, de la couverture sanitaire insuffisante du cheptel et de la faiblesse des infrastructures et des stratégies de commercialisation du bétail.
En ce qui concerne les ressources fourragères, les parcours de l’Adrar des Ifoghas qui constitue la principale zone de concentration humaine et du bétail dans la région de Kidal, subissent une dégradation du fait de l’augmentation de la pression anthropique et animale et des sécheresses répétées. A l’inverse, l’exploitation des riches pâturages des vallées latérales du Tilemsi et du Tamesna (par ailleurs faiblement peuplées) est limitée à la saison des pluies par déficit de points d’eau (cf. zone d’intervention et groupes-cibles).
Du point de vue hydraulique, les ressources souterraines constituent la principale source d’approvisionnement en eau dans la région de Kidal, qui ne comporte pas de points d’eau de surface pérennes. Ces eaux souterraines sont présentes sur l’ensemble de la zone et leur exploitation n’est pas confrontée à des limitations sévères. Le massif de l’Adrar a bénéficié par le passé de nombreuses infrastructures hydrauliques mais la fonctionnalité de certains ouvrages est réduite (tarissement périodique) du fait qu’ils ont été réalisés dans l’urgence sans études géophysiques préalables (l’Adrar étant une zone de socle). Par ailleurs, malgré les investissements consentis, de nombreux villages de l’Adrar sont dépourvus de points d’eau moderne (cf. DT4 et la carte en son annexe 3). Malgré la présence de nappes sédimentaires productives, les vallées du Tilemsi et du Tamesna sont faiblement équipées du fait de leur population réduite et de la profondeur des aquifères en présence. Cependant, la mise en charge de ces aquifères permet leur exploitation au moyen de contre–puits (ou puits-citernes) sans recours à une exhaure électrothermique ou photovoltaïque.
Dans le domaine de la santé animale, la situation du cheptel se caractérise par sa faible couverture sanitaire et la persistance de nombreuses maladies (charbons bactéridien et symptomatique, péripneumonie contagieuse bovine, clavelée, peste des petits ruminants, etc.). Il en résulte des mortalités élevées et une faible productivité. Sur le plan commercial, les échanges avec le principal débouché commercial du bétail que constitue l’Algérie se fait par troc (bétail contre produits de première nécessité tels que semoule de blé et pâtes alimentaires) du fait notamment de:
(i) la non convertibilité de la monnaie algérienne et l’interdiction de sa sortie du territoire du pays;
(ii) l’interdiction de l’exportation des produits subventionnés faisant l’objet du troc; et (iii) la fermeture des frontières algériennes au bétail de la région de Kidal en raison de l’existence des zoonoses et des risques latents d’épizooties.
L’objectif de la composante «Appui à la valorisation du potentiel pastoral» est de capitaliser sur les potentialités pastorales de la région pour améliorer la productivité du cheptel et les revenus tirés de l’élevage nomade. Les activités sont structurées autour de trois sous-composantes:
(i) amélioration de l’accès aux ressources pastorales; (ii) amélioration de la couverture sanitaire du cheptel; et (iii) appui à la commercialisation du bétail et des produits agro-pastoraux.
Sous-composante 1.1: Amélioration de l’accès aux ressources pastorales
Afin d’atténuer la pression sur les parcours pastoraux et les points d’eau de l’Adrar des Ifoghas, le programme appuiera: (i) l’aménagement de points d’eau pastoraux dans les vallées latérales du Tilemsi et du Tamesna en vue d’améliorer l’accès à leurs ressources fourragères; (ii) l’amélioration de la couverture spatiale en points d’eau de la zone de l’Adrar en vue d’atténuer la surexploitation des ouvrages actuellement fonctionnels et limiter la dégradation des pâturages autour de ces ouvrages; et (iii) l’accroissement du disponible fourrager par la restauration de parcours pastoraux en cours de dégradation dans l’Adrar
L’aménagement de points d’eau pastoraux. Tenant compte des caractéristiques des nappes exploitables dans la région (cf. DT N°4: «Infrastructures rurales»)
, les investissements du programme porteront sur:
La réalisation de 15 puits–citernes dans les vallées du Tamesna et du Tilemsi
. L’option de réaliser des puits-citernes au lieu de simples forages (compte tenu de la profondeur des aquifères) tient compte des débits moyens exploitables (6,6 m3/h) et de la possibilité d’éviter le recours à un pompage en tirant parti du niveau statique des nappes en présence (généralement entre 30 et 40 mètres). Ce niveau statique autorise une exhaure manuelle ou
par traction animale . L’aménagement des ouvrages pour une exhaure manuelle ou animale garantit leur pleine fonctionnalité, ce qui sécurisera la mobilité des troupeaux . Des abreuvoirs seront aménagés autour de ces puits-citernes. Afin de limiter la dégradation des pâturages, il est prévu l’aménagement de 20 mares artificielles qui serviront de points d’eau relais entre les puits–citernes, les points d’eau déjà existants et les fronts de pâture. Le choix des sites d’implantation des puits–citernes et des mares se fera de manière concertée avec les communes exploitant l’espace pastoral des vallées du Tilemsi et du Tamesna. Leur répartition spatiale veillera à respecter un maillage garantissant une bonne mobilité du cheptel;
le surcreusement de points d’eau non permanents dans l’Adrar et l’implantation de points d’eau additionnels. Ces opérations visent la rationalisation du maillage des points d’eau exploitables en vue de: (i) la réduction de la charge sur les pâturages autour des puits et forages existants; et (ii) l’atténuation des conflits liés à l’accès aux ressources pastorales de l’Adrar. En concertation avec les communes de la zone qui indiqueront de manière consensuelle la localisation souhaitable des ouvrages à considérer en fonction des parcours traditionnels, le programme appuiera le surcreusement d’environ 30 puits non-permanents et la réalisation de 30 puits additionnels. Afin de garantir la disponibilité et l’accessibilité de l’eau pour un usage pastoral, les puits prévus seront équipés d’abreuvoirs et d’un dispositif de poulies sur fourches métalliques
.
La réalisation de ces points d’eau se fera sur la base d’études géophysiques pour déterminer la meilleure implantation des ouvrages (massif de l’Adrar) ou la profondeur de foration (puits-citernes des vallées du Tilemsi et du Tamesna). La réalisation de ces études géophysiques sera confiée à un prestataire qualifié et seront effectués par lots afin d’en réduire les coûts. Dans la zone de l’Adrar, le prestataire aura obligation de proposer un point principal d’implantation et deux points de repli pour chaque ouvrage à réaliser.
Conformément aux compétences transférées par l’Etat dans le cadre de la décentralisation, les collectivités territoriales (communes, cercles, région) assureront la maîtrise d’ouvrage de ces investissements (cf. composante 5, modalités de mise en œuvre). Le schéma d’intervention pour leur réalisation sera la suivant: (i) le programme appuiera l’élaboration de schémas communaux d’aménagement pour servir de cadre de référence aux investissements pastoraux qui pourraient être réalisés avec son appui; (ii) une campagne d’information sera menée auprès des communautés sur les opportunités et les investissements éligibles au financement du programme, conformément aux orientations des schémas d’aménagement communaux; (iii) au terme de cette campagne, lesrequêtes d’investissement seront soumises aux communes pour prise en compte dans les Plans de Développement Economique Social et Culturel (PDESC); (iv) la programmation des investissements sera réalisée par le conseil communal, avec l’appui du programme dans les domaines qui ne seraient pas couverts par d’autres projets et en veillant à la qualité de l’implication des bénéficiaires, notamment des groupes les plus vulnérables; (v) la programmation de la réalisation des ouvrages inscrits aux PDESC sera déclinée en Plans Annuels d’Investissements (PAI) qui seront actualisés chaque année; (vi) le programme mettra à disposition des collectivités, à travers l’Agence Nationale d’Investissement des Collectivités Territoriales (ANICT), les ressources nécessaires à la réalisation des ouvrages qu’elle aura retenu de financer; (vii) les évaluations annuelles des performances associant les bénéficiaires, les communes et le programme seront menées pour servir de base aux ajustements qui s’avèreraient nécessaires.
Conformément aux orientations de la politique nationale en matière d’eau potable, les communes mettront en place des comités de gestion des points d’eau (CGPE) au niveau de chaque ouvrage. Afin de prévenir et atténuer les conflits potentiels liés à l’accès aux ouvrages, ils auront notamment la charge de: (i) prendre en compte et défendre les intérêts des différentes communautés et usagers des ouvrages; et (ii) réguler l’accès aux ouvrages par l’instauration de mécanismes concertés d’exploitation. En particulier, ces mécanismes concerneront les puits-citernes prévus dans les vallées du Tilemsi et du Tamesna, dont l’accès devra être limité –de manière consensuelle– à une partie de l’année afin de ne pas engendrer un processus de surexploitation et de dégradation irréversible des ressources disponibles.
Au niveau des terroirs d’attache du massif de l’Adrar, la composition des comités de gestion des points d’eau comprendra au moins une femme qui aura la charge des questions d’assainissement autour des infrastructures et de la prise en compte des besoins en eau pour les usages domestiques dans l’organisation des droits d’accès aux ouvrages.
La restauration des pâturages dans le massif de l’Adrar. Dans le massif de l’Adrar, on assiste à la dégradation des parcours pastoraux et à la raréfaction –voire la disparition– de certaines espèces à haute valeur nutritive. Cette situation est due à la pression anthropique croissante, la densité du cheptel et à l’effet conjugué des sécheresses de ces dernières décennies. Elle induit un impact négatif sur la productivité des troupeaux, ce qui accroît la vulnérabilité des communautés locales.
La restauration des pâturages vise à accroître les ressources pastorales disponibles en saison sèche au niveau des oueds et des plaines sèches de l’Adrar des Ifoghas. Compte tenu du poids des facteurs climatiques sur la réussite d’une telle opération, la restauration sera menée à titre pilote, à la demande des populations, au niveau de leurs terroirs d’attache. Elle concernera les sites qu’elles auront elles–mêmes identifié comme étant particulièrement dégradés et d’un intérêt stratégique pour leurs troupeaux.
Du point de vue technique, les opérations consisteront en un travail préalable du sol selon plusieurs techniques alternatives (tracteur, traction animale, véhicule 4x4), suivi d’un ensemencement en espèces fourragères. Les différentes techniques proposées seront discutées, testées et évaluées avec les bénéficiaires en fonction de la facilité de mise en oeuvre et de reproductibilité par les populations. Les surfaces traitées devront être suffisamment grandes pour l’obtention d’un résultat significatif et mesurable (au moins 0,5 ha/site). Les opérations de restauration seront réalisées en tout début de saison d’hivernage.
Afin de garantir les chances de succès et de pouvoir mesurer l’impact de l’activité, l’opération de restauration des pâturages sera précédée par des études techniques de base financées par le programme. Elles permettront d’évaluer les ressources fourragères disponibles dans la région, de définir le potentiel de charge des pâturages de l’Adrar et des vallées de Tilemsi et du Tamesna pour établir la situation de référence, qui sera actualisée chaque année. La mise au point des modalités techniques pour la réalisation de l’opération pilote de restauration se fera sur la base d’une capitalisation des expériences menées dans la région et dans la sous-région.
L’établissement de la situation de référence ainsi que les essais pilotes de restauration seront confiés à un prestataire ayant une expérience similaire dans des environnements comparables à ceux de Kidal. La maîtrise d’œuvre de l’opération sera confiée aux services déconcentrés de la DRCN (Tessalit, Kidal et Abeibara) sur la base de conventions à passer avec le programme. L’actualisation du potentiel de charge des différentes zones, appuyée par des cartes de production de biomasse, sera confiée aux institutions nationales spécialisées. Les populations requérantes de l’opération assureront les tâches liées à la collecte, la préparation et l’ensemencement des graines. Un appui leur sera apporté à travers le dispositif «vivres contre travail» du Programme Alimentaire Mondial.
Conformément aux compétences transférées par l’Etat dans le cadre de la décentralisation, la maîtrise d’ouvrage des activités de restauration des pâturages relève des communes. Pour éviter que l’initiative de restauration ne suscite des conflits entre les éleveurs nomades, le programme appuiera les Collectivités Territoriales dans l’organisation de forums communaux et intercommunaux portant
sur la gestion des ressources pastorales. Ces rencontres permettront de réaliser un consensus portant sur: (i) la définition des mesures de protection de ces espaces; et (ii) la délimitation rôles et responsabilités des acteurs chargés de veiller à l’application des mesures de protection adoptées.
Sous-composante 1.2: Amélioration de la couverture sanitaire du cheptel
La situation sanitaire du cheptel de la région de Kidal est caractérisée par la persistance de maladies infectieuses dont certaines constituent un frein au commerce transfrontalier des produits animaux et d’origine animale. Le taux de couverture vaccinale contre les épizooties majeures demeure bas (moins de 10% contre un optimum de 80%). La région compte un seul cabinet vétérinaire privé, installé à Kidal avec le soutien financier du DDRK (appuyé par la Coopération Luxembourgeoise). Avec un appui limité à trois auxiliaires, celui–ci ne couvre principalement que la zone sud de la région, à forte prédominance de bovins. L’étendue de la région, la dispersion démographique et la mobilité des populations imposent la mise en œuvre de dispositifs sanitaires adaptés à ces caractéristiques.
L’amélioration de la couverture sanitaire du cheptel a pour objectifs de favoriser: (i) un meilleur contrôle des maladies infectieuses et parasitaires qui limitent la capacité des animaux à tirer pleinement profit des ressources pastorales disponibles et peuvent engendrer des taux élevés de mortalité en période de soudure; et (ii) une plus grande maîtrise des risques latents d’épizooties liés aux mouvements interrégionaux et transfrontaliers, notamment les charbons bactéridien et symptomatique, la péripneumonie contagieuse bovine, la clavelée et la peste des petits ruminants. Les activités de la sous-composante porteront sur:
Le soutien à la mise en place d’un réseau privé d’appui sanitaire de proximité;
le renforcement des capacités d’intervention des structures locales des services techniques d’élevage;
l’amélioration de l’information en santé animale de base.
Appui à la mise en place d’un réseau privé d’appui sanitaire de proximité. En conformité avec l’option nationale de privatisation de la santé animale au Mali, le PIDRK appuiera l’installation d’un second vétérinaire privé à Adjel’Hoc (cercle de Tessalit) ainsi que la mise en place d’un réseau de 12 auxiliaires à raison d’un auxiliaire par commune (sauf à Kidal où il sera prévu deux auxiliaires en raison de l’étendue de la zone à couvrir). Ce dispositif permettra d’améliorer la couverture vaccinale et d’assurer un appui sanitaire de proximité au cheptel des communautés pastorales. Les auxiliaires travailleront sous la supervision et le contrôle du vétérinaire privé afin de garantir la qualité des prestations offertes, dans le respect des règles et normes de la profession. Leur recrutement se fera au sein des communautés pastorales de la région et sera assuré par le vétérinaire privé sur la base des critères définis avec les services techniques et l’UGP. Ces auxiliaires auront pour tâches principales: (i) de réaliser des actions de sensibilisation et d’encadrement de base des communautés pastorales en matière de santé animale; (ii) de tenir à disposition des éleveurs des stocks de produits vétérinaires essentiels; et (iii) de participer à la veille épidémiologique de base en fournissant les éléments d’information au dispositif d’alerte de la région.
La formation des auxiliaires sera assurée par les deux vétérinaires privés et les services techniques régionaux de l’élevage et portera prioritairement sur: (i) la reconnaissance et traitement des maladies animales courantes; (ii) le bon usage des médicaments vétérinaires; (iii) la collecte des informations dans le cadre veille épidémiologique; (iv) l’approche genre; et (iv) le champ d’intervention de l’auxiliaire en pratique professionnelle privée.
Sur la base des leçons apprises de l’expérience du programme DDRK, le concours du programme portera sur: (i) la prise en charge dégressive du salaire du vétérinaire et des auxiliaires
comme mesure incitative à leur installation; (ii) un appui en moyens de transport et en équipements techniques (chaîne de froid, trousse, médicaments sous forme de fonds de roulement) pour le vétérinaire privé à installer; (iii) l’achat de motos, de trousses d’intervention et de médicaments sous forme de fonds de roulement pour les auxiliaires; et (iv) l’entretien et le fonctionnement du véhicule et des motos (prise en charge totale pendant les 3 premières années d’installation, puis dégressive à partir de l’année 4).
Renforcement des capacités d’intervention des structures locales de l’Elevage. En ce qui concerne le renforcement des capacités d’intervention des structures déconcentrées de l’Elevage, l’objectif visé est de les rendre plus opérationnelles afin de leur permettre d’assurer une veille épidémiologique de proximité et d’apporter en cas d’épizootie, des réponses rapides sur site. A cette fin, le programme a prévu: (i) l’équipement de la Direction régionale des services vétérinaires en moyens de déplacement (1véhicule et 4 motos pour les agents de terrain), en matériel informatique et en équipement pour assurer la chaîne de froid (congélateur, glacières, conteneurs etc.) et (ii) la réalisation de 18 parcs de vaccination fixes
et de 8 parcs de vaccination démontables pour soutenir les activités de santé animale.
Amélioration de l’information en santé animale de base. S’agissant de l’amélioration de l’information en santé animale de base, le programme soutiendra des activités d’IEC/ICC sur l’importance et le rôle de la vaccination en vue d’améliorer les taux de couverture vaccinale enregistrés au niveau des différentes espèces animales. Ces activités qui seront menées dans le cadre des actions de sensibilisation des communautés pastorales en matière de santé animale se feront à travers les canaux appropriés disponibles dans la région (auxiliaires, animateurs, radios de proximité, etc.). Par ailleurs, à travers une consultation locale, le programme appuiera la réalisation d’activités connexes de capitalisation des connaissances sur les pratiques traditionnelles d’élevage de la région de Kidal, notamment dans les domaines de: (i) la médecine vétérinaire traditionnelle, sur la base de l’inventaire des principales maladies affectant les animaux de la région; et (ii) les techniques et les pratiques d’élevage camelin dans la région. Les résultats de cette étude permettront de valoriser le savoir faire traditionnel notamment dans le traitement de certaines affections courantes en attendant l’intervention du vétérinaire privé ou de l’auxiliaire. Une autre étude qui résulte également des préoccupations des communautés pastorales sera consacrée à la recherche des causes des avortements dans l’espèce cameline.
Sous-composante 1.3: Appui à la commercialisation
Dans la région de Kidal, le bétail, la viande, le lait, les sous-produits animaux, la tomate, l’oignon et le gombo constituent les principales productions agro-pastorales. Leur commercialisation est notamment limitée par: (i) l’enclavement de la région de Kidal qui conduit à développer peu de relations commerciales avec les autres régions du pays et à faire du sud algérien le marché quasi unique de ses produits; (ii) l’insuffisance d’infrastructures marchandes; (iii) un accès insuffisant des éleveurs et des maraîchers, notamment les petits éleveurs, à l’information en temps réel sur les prix et les marchés; et (iv) les restrictions aux échanges commerciaux entre le Mali et l’Algérie.
L’objectif de l’appui à la commercialisation est de contribuer à la valorisation des produits agro–pastoraux locaux à travers l’amélioration des échanges commerciaux transfrontaliers et avec le reste du pays. Dans ce cadre, le programme appuiera le désenclavement physique en vue d’améliorer l’accessibilité de certaines zones de concentration du cheptel et de favoriser la fluidité des circuits commerciaux (accès aux foires et marchés que le programme contribuera à créer et/ou à renforcer en vue de la mise en relation de l’offre et de la demande). A cet effet, il est prévu la réalisation de 10 ouvrages de franchissement d’oueds ou de points critiques sur les itinéraires concernés. L’identification et la sélection des passages à aménager seront faites en concertation avec les communes et les acteurs des filières. Le programme appuiera également le renforcement des infrastructures marchandes par la construction et l’équipement de 10 marchés à bétail (y compris de aires ou hangars réservés pour les femmes commerçantes ) et de 6 aires d’abattage ainsi que la réalisation de 8 points d’eau équipés au niveau des marchés et de 6 points d’eau sur les itinéraires menant aux marchés terminaux.
Afin d’assurer une utilisation optimale de ces investissements, le programme appuiera:
(i) l’équipement de 5 marchés de référence en téléphone satellitaire; (ii) le renforcement du système d’information sur les prix; (iii) le développement d’un système d’information sur les marchés nationaux et sous-régionaux; (iv) l’organisation des éleveurs/maraîchers (y compris les femmes) et leur formation à la négociation et à la gestion; et (iv) la mise en relation des opérateurs commerciaux avec le PCDA (Programme d’Appui à la Commercialisation et au Développement Agricole, financement Banque Mondiale) pour accéder au financement dans le cadre de ce projet.
La maîtrise d’ouvrage des différentes infrastructures prévues dans le cadre de sous-composante relève des collectivités territoriales concernées. Les ressources nécessaires à la réalisation de ces investissements transiteront par le canal de l’Agence Nationale d’Investissement des Collectivités Territoriales (cf. composante 5, modalités de mise en œuvre).