Le parcours de Rokia TOURE

Mme Rokia Touré : (C) Photo FODESA, 2006(JPG, 21.6 ko, 300 x 387 pixels)
Mme Rokiatou TOURE est née en 1957 à Tioribougou, au Mali. Elle est d’ethnie Maure et d’une famille paysanne. Elle a été inscrite à l’école en 1964, mais elle sera contrainte d’abandonner les classes en 6ème année : les pesanteurs sociales et les exigences des travaux de la famille ne lui ont pas permis de poursuivre ses études.
Orpheline de père dès l’age de 3 ans et aînée d’une famille de 7 enfants, Rokiatou devra rester à la maison pour se consacrer très tôt aux petits travaux domestiques et au petit commerce afin de soutenir sa mère et ses petits frères et soeurs. Pendant 4 ans, elle travailla très dur avec ceux-ci. Ses journées en hivernage sont consacrées aux travaux champêtres et les soirs, elle devait rentrer à la maison pour préparer et vendre la bouillie de mil, afin de subvenir aux petits besoins financiers de la famille.
A 16 ans, elle se maria avec un cultivateur qui se trouvait dans un village situé à 25 km du sien. Son mari, très compréhensif décida de l’installer dans son village pour qu’elle continue à y soutenir sa mère déjà vieille. Sa coépouse était restée avec le mari dans l’autre village. Elle a eu des enfants et avec l’agrandissement de la famille, le mari a été obligé de partir en exode en France et cela fait 14 ans.
Aujourd’hui, elle est mère de 6 enfants, dont 3 garçons et 3 filles. Trois de ceux-ci fréquentent l’école française (2 garçons et une fille). Elle assure seule les charges de son foyer et de ses enfants. Pour subvenir à leurs besoins, elle a initié et gère un restaurant pour ravitailler les forains les jours de foire dans son village. Elle a aussi des champs qu’elle exploite pendant l’hivernage.
En dehors de ses tâches ménagères, elle est la promotrice d’une association féminine dénommée « Sabougnouma » de Tioribougou, créée en 1993 et qui regroupe 82 femmes. Cette organisation mène des activités multiples dont l’exploitation d’un champ collectif dans lequel ses membres cultivent le mil, l’arachide, le niébé, etc. Après la récolte de ce champs, les femmes constituent un stock familial pour l’entretien de leur famille et le reste est vendu au profit de la caisse de l’association.
Mme Rokia Touré & Alphabétisation : (C) Photo FODESA, 2006(JPG, 11.9 ko, 300 x 265 pixels)
Avec l’appui du Programme FODESA, les femmes de cette association ont pu bénéficier d’un centre d’alphabétisation pour assurer la formation permanente en langue nationale de ses membres et de toutes les femmes du village qui désirent s’instruire. Les locaux du centre ont été réalisés en dur et sont situés en plein centre du village pour faciliter la fréquentation par les femmes. Le centre a déjà formé 42 femmes qui savent lire, écrire et même faire des opérations de calcul.
L’association fait de petits crédits à ses adhérentes, ce qui leur permet de mener des activités génératrices de revenus que sont : la teinture, la fabrication de savon en grande quantité pour les villages environnants, le petit commerce, la transformation des produits agricoles, etc.
L’association réalise également des prestations de service lors de la récolte du coton, du niébé et autres spéculations pour les grands producteurs moyennant rémunération. Avec les recettes de ces activités, les femmes de l’organisation arrivent à couvrir leurs petits besoins financiers et sont en train de devenir financièrement autonomes. Avec la fabrication du savon, leurs besoins en savon pour la propreté de la famille, la lessive et la vaisselle sont couverts, même sans l’appui des maris, situation très fréquente en milieu rural.
Ces activités ont un impact certain sur l’amélioration des conditions de leurs enfants et des autres membres de leurs familles respectives.
Grâce aux revenus de ces activités, les femmes de l’organisation « Sabougnouma » arrivent à :
- améliorer leurs conditions de vie,
- assurer les besoins quotidiens de leur famille,
- payer les frais de scolarisation de leurs enfants,
- améliorer les conditions alimentaires,
- mieux sensibiliser le collectif des femmes à travers les différentes rencontres et formations sur les notions d’hygiène dans le foyer, de protection de l’environnement, de prévention et de protection contre le paludisme, le VIH / Sida, etc.
Au sein de l’association, Rokiatou assure le rôle de secrétaire administrative et animatrice principale du centre d’alphabétisation. Mémoire de l’organisation, elle détient tous les documents. La fonction d’animatrice est basée sur le bénévolat et la formation des femmes s’échelonne sur la période de février à juin de chaque année (période moins chargée pour les femmes rurales), la période de juillet à janvier étant consacrée aux travaux champêtres et aux différentes récoltes.
Les formations ont lieu de 13h à 15h tous les jours, sauf le jour de foire hebdomadaire. Etant l’animatrice principale du village, Rokiatou s’occupe de la mobilisation des femmes lors des journées de vaccination. Elle informe et sensibilise ses paires sur les bienfaits des consultations prénatales et post-natales, sur la santé de la reproduction et appuie les animateurs dans d’autres activités contribuant au développement du village.
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